Parc National du Diawling

Visiter le parc national du diawling sous l’angle de la biodiversité, des paysages et des initiatives de résilience écologique.

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Un joyau vert entre désert et océan

Entre les dunes dorées du Sahara et les eaux saumâtres du fleuve Sénégal, le Parc National du Diawling (PND) est un havre de biodiversité où la nature reprend ses droits. Ici, les mangroves, les phacochères, les crocodiles du désert et les oiseaux migrateurs cohabitent dans un écosystème unique, protégé et restauré grâce à des initiatives audacieuses comme le projet WACA. Découverte d’un parc où la résilience devient un spectacle à ciel ouvert.


Un écosystème à la croisée des éléments

Le combat invisible contre l’érosion

Au cœur du Bas-Delta du fleuve Sénégal, le Parc National du Diawling est un champ de bataille silencieux. D’un côté, les dunes mouvantes, poussées par les vents du Sahara, menacent d’engloutir les terres. De l’autre, les mangroves et les forêts aquatiques, stabilisées par des années de restauration, résistent et verdissent à nouveau. Grâce au Projet de gestion du littoral ouest-africain (WACA), financé par la Banque mondiale, ce parc est devenu un laboratoire de résilience, où la nature elle-même se transforme en rempart contre l’érosion et la montée des eaux.

L’alchimie des eaux : quand le fleuve épouse l’océan

À Kseïr, un phénomène hydraulique fascinant se produit chaque jour : l’eau douce du fleuve Sénégal se mêle à l’eau salée de l’Atlantique, créant une eau saumâtre propice à une biodiversité exceptionnelle. Cette rencontre donne vie à des plaines humides, des dunes stabilisées et des forêts aquatiques, où prospèrent des espèces uniques comme le Salvadora persica et l’Acacia senegal. Un carrefour biologique rare, où chaque goutte d’eau est une promesse de vie.


La renaissance des mangroves : un bouclier vert contre l’océan

Depuis 2013, le projet WACA a permis de restaurer des milliers d’hectares de mangroves, plantant des espèces résilientes comme l’Avicennia germinans et le Rhizophora. Ces arbres ne sont pas seulement des géants verts : leurs racines entrelacées fixent les berges, atténuent les vagues et ralentissent l’avancée de la mer. Une preuve que, face au changement climatique, la nature est souvent la meilleure technologie.

« Restaurer les mangroves, c’est construire un bouclier biologique bien plus durable qu’une digue de béton. » — Un expert du projet WACA.


Les palmiers dattiers : gardiens de l’histoire et du désert

En parcourant le parc, on croise des palmiers dattiers, semés comme des repères dans le sable. Ces arbres sont bien plus que des plantes : ce sont des archives vivantes, témoins des anciennes caravanes qui reliaient Atar à Saint-Louis. « Ces palmiers racontent l’histoire des échanges humains et des routes commerciales d’autrefois », explique Zein El Abidine Sidaty, conservateur du parc. Aujourd’hui, ils symbolisent aussi la lutte pour préserver un patrimoine à la fois naturel et culturel.


Ghaher : sauver la route, sauver les communautés

En 2025, une opération majeure a été menée à Ghaher : 10 hectares de dunes fixées sur 400 mètres de long, grâce à des techniques biologiques et mécaniques. L’enjeu ? Protéger la « route unique », artère vitale pour les populations locales. « Sans cette route, c’est l’accès aux soins, aux marchés et à l’école qui est menacé », souligne Mariem Mint Alioune. Un exemple frappant de l’interdépendance entre écologie et développement économique.


Écotourisme et crocodiles : la biodiversité comme moteur local

Le Parc National du Diawling ne se contente pas de protéger la nature : il la transforme en ressource économique. À Moydina et autour du bassin de Bell, les crocodiles du désert, autrefois menacés, sont désormais une attraction majeure. Les coopératives locales proposent des expériences uniques :

  • Artisanat local : poisson séché, nattes traditionnelles, savons et encens artisanaux, farine de nénuphar.
  • Aventures touristiques : balades en pirogue, nuits en khaïma (tente traditionnelle) sur la plage de Gharaa, observation de la faune.

« Ici, la protection de la nature rime avec création d’emplois et valorisation des savoir-faire. » — Un membre de la coopérative de Moydina.


Un modèle de résilience à dupliquer ?

Le succès du Parc National du Diawling repose sur une approche intégrée : restauration écologique, ingénierie hydraulique et implication des communautés. En collaboration avec le Sénégal, le PND montre que la gestion transfrontalière et la co-gestion sont des clés pour affronter les défis climatiques.

Alors que la montée des eaux menace les côtes du monde entier, le Diawling pourrait-il inspirer d’autres régions ? Une chose est sûre : ici, la résilience se construit chaque jour, entre racines de mangroves et rires d’enfants sur les dunes.


Pour en savoir plus :

  • Visitez le site du Projet WACA
  • Découvrez les circuits touristiques du Parc National du Diawling.

Et vous, seriez-vous prêt à explorer ce paradis vert entre désert et océan ?

« Cet article fait partie de notre guide complet pour voyager en Mauritanie, où vous trouverez tous les conseils pratiques, itinéraires et lieux incontournables. »